Association Universelle des Amis de Jeanne d'Arc



Adresse : 85 rue Petit - 75019 Paris


Email : mairep@gmx.fr


Tél. : 06.80.72.72.77

Fondée en 1953.

Le général Weygand en assure dès le début, une présidence d'honneur active et efficace.

 

But de l'association

Présenter une image complète et exacte de Jeanne d'Arc dans un esprit strictement culturel

Son action Recherche, Diffusion Liaison avec les pays étrangers


Saint Joseph et Sainte Jeanne d'Arc

Mai, c’est le Mois de Marie.

Pourtant, il se trouve que deux noms illustres, deux fêtes prestigieuses, viennent jalonner le cours de ce mois consacré à la Très Sainte Vierge Marie. Faudrait-il craindre que leur éclat ne ternisse un instant l’auréole lumineuse qui entoure Notre-Dame ? Nullement, car cette Bonne Mère consent elle-même, à chaque fois, à s’effacer un moment, juste le temps de deux jours, afin que ses enfants de la terre puissent rendre un fervent hommage… à saint Joseph Artisan et à sainte Jeanne d’Arc.

Et voici que, curieusement, l’année liturgique 1984 nous offre cette rareté, lorsque la fête de Pâques arrive le dernier dimanche d’avril, de célébrer conjointement ces deux Saints le même second dimanche de mai, c’est-à-dire, pour cette fois, le 13 mai 1984.

Heureuse circonstance qui nous permet de souligner leurs similitudes, dans le destin hors pair que Dieu leur a choisi.

Oh ! certes, entre eux, bien des différences, de nature, de race, de religion, d’époque ! Mais aussi que de ressemblances !

En effet et d’abord, tous les deux ont la même origine modeste.

Sans doute saint Joseph est-il de race royale et l’Église l’honore comme l’illustre descendant de David. Mais sa famille est bien déchue de son antique grandeur et Joseph, modeste charpentier, est contraint de gagner son pain à la sueur de son front.

Sainte Jeanne d’Arc n’est point de plus noble condition. Fille de cultivateurs, elle partage son temps entre les travaux des champs, la garde du bétail et les occupations ménagères.

Dieu se plait à élever les humbles et à chercher ses auxiliaires parmi les faibles. C’est pourquoi, Il se choisit saint Joseph et sainte Jeanne d’Arc. Car, si tous deux n’ont que des occupations très communes, ils les relèvent cependant et les sanctifient par la prière, par l’offrande à Dieu, par la pratique de la charité envers les malheureux et les déshérités. Saints, ils le sont donc déjà, et la sainteté de leur existence attire sur eux le regard de Dieu : « Parce que vous vous êtes saintement acquittés des humbles tâches que je vous avais imposées, je veux maintenant vous en confier d’autres plus importantes. »

Nouvelle ressemblance entre eux : c’est par le ministère de ses Anges que Dieu les charges d’accomplir une mission.

A Joseph, il envoie un Ange porteur de ce message : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre Marie pour ton épouse, car celui qui naîtra d’elle, c’est le Sauveur que le monde attend. »

A Jeanne, Dieu délègue l’Archange saint Michel : « Il y a grande pitié au royaume de France. Va, fille de Dieu, va sauver la France ».

Tous deux, bien sûr, conscients de leur incapacité, se défendent d’entreprendre la tâche que Dieu leur confie. « Je ne suis qu’une humble fille… » proteste Jeanne, mais l’Archange la rassure et lui promet la protection de sainte Catherine et de sainte Marguerite. A Joseph qui s’effraie à la pensée de devenir l’époux de la mère de son Dieu et le chef de son Dieu lui-même, l’Ange répond simplement : « Ne crains pas. »

Or, quelles sont ces missions ?

Pour Saint Joseph, il s’agit d’assurer les conditions d’existence humaine de l’Enfant-Jésus, la protection et la défense contre Hérode de Celui qui sera le Sauveur des hommes.

Quant à Jeanne, elle reçoit mission de sauver le Roi de France qui n’est alors que le pauvre roi de Bourges et, en le sauvant, de sauver la France, Fille aînée de l’Église, du joug de l’Angleterre hérétique.

Alors, pour accomplir sa tâche, Jeanne quitte son pays et s’en va bien loin des siens, batailler, peiner et souffrir.

Joseph s’imposera les mêmes sacrifices. Il fuira Nazareth, son atelier, sa parenté, pour aller à Bethléem d’abord, en Égypte ensuite avec Marie et l’Enfant.

Il y a une dernière ressemblance entre eux, et c’est leur admirable chasteté. Saint Joseph reste pur, et ne devient l’époux de Marie que pour être le gardien de sa virginité. Sainte Jeanne d’Arc pratique la vertu de chasteté de façon héroïque, à Domremy parmi ses jeunes compagnons et compagnes, sur les routes et les champs de bataille au milieu des soldats impudiques et grossiers qui l’entourent et dont pas un, jamais, n’osera lui manquer de respect. Mais de quelles précautions doit-elle s’entourer pour s’assurer ce respect !

Si semblables dans leur vie, les destinées de saint Joseph et de sainte Jeanne d’Arc continuent de se ressembler après leur mort.

Très vite, l’oubli couvre Joseph sous un épais manteau. L’Évangile comme la Tradition ne parlent plus de lui.

Il faut attendre le XVème siècle pour que l’on songe à lui et commence à l’honorer. En 1870, devant les malheurs de l’Église, le Pape Pie IX a recours à Saint Joseph, le proclame Patron de l’Église universelle et ordonne de célébrer très solennellement, chaque année, la fête de son Patronage.

La mémoire de sainte Jeanne d’Arc connaît le même sort. Sans doute le Roi Charles VII, qu’elle a sauvé, demande-t-il la révision du procès inique qui l’a condamnée et obtient-il du Pape sa réhabilitation. Ce sera tout. Pendant de longs siècles, on ne parlera plus d’elle sinon pour la salir, comme le fit Voltaire, ou pour la caricaturer dans des écrits consciemment chargés d’erreurs.

Mais viendra l’heure où l’Église placera Jeanne d’Arc sur les autels et, à quelques temps de là, le 2 mars 1922, S.S. le Pape Pie XI proclamera solennellement et simultanément Notre-Dame de l’Assomption Patronne principale de la France, et sainte Jeanne d’Arc, Patronne secondaire.

Voilà bien des motifs qui nous invitent aujourd’hui à unir saint Joseph et sainte Jeanne d’Arc dans nos hommages et dans nos prières ; à les invoquer aussi pour leur recommander le salut de l’Église et de la France dont l’avenir est plus que jamais gravement menacé. Nous n’y manquerons pas.

P. BENOISEY.