Association Universelle des Amis de Jeanne d'Arc



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Fondée en 1953.

Le général Weygand en assure dès le début, une présidence d'honneur active et efficace.

 

But de l'association

Présenter une image complète et exacte de Jeanne d'Arc dans un esprit strictement culturel

Son action Recherche, Diffusion Liaison avec les pays étrangers


Compagnons de Jeanne d'Arc : les Chabannes
Jeudi, 05 Avril 2012 12:03



COMPAGNONS DE JEANNE D’ARC

LES CHABANNES






Plusieurs auteurs de qualité se sont déjà penchés sur la vie des membres illustres de cette famille d’ancienne noblesse, originaire du Limousin.



Elle est issue des comtes d’Angoulême et donc parente des Valois, régnant à l’époque de Jacques et d’Antoine, présents aux côtés de Jeanne d’Arc.



La famille a été très éprouvée par la guerre de Cent Ans. Robert, le père, tombait à Azincourt (1415) tandis que huit ans plus tard, son fils ainé Hugues II dit Etienne était tué à la défaite de Cravant-sur-Yonne (1423).



Antoine, le troisième des fils de Robert, qui avait quinze ans, combattait aussi à Cravant.



Dès ses treize ans, il était page du Vicomte de Ventadour (1) et par la suite du Duc de Bourbon puis d’Etienne de Vignolles dit La Hire. A Verneuil-sur-Avre (1424), il est fait prisonnier.

Bedford, commandant les troupes anglaises, frappé de sa bravoure et de sa jeunesse (seize ans) le renvoie en vantant ses mérites à Jacques Ier de Chabannes, son frère.



Jacques, né vers 1400, a donc huit ans de plus qu’Antoine.



A la tête d’une forte compagnie, il arrivait avec le Maréchal de Boussac à Orléans en Octobre 1428, pour participer à la défense de la ville, assiégée.

Il tente une sortie le 30 Décembre. Au cours de l’engagement il est blessé au pied d’un trait d’arbalète et son cheval est tué sous lui.



Après la défaite de Rouvray (12 février 1429), il doit se retirer d’Orléans.



Il y revient, avec Jeanne d’Arc cette fois, dans le convoi de renfort que la Pucelle amène le 4 mai 1429.



A la bataille des Tourelles, le 7 mai, c’est Jacques de Chabannes qui se charge de repousser les Anglais, quand Jeanne est blessée.



Il chargera à Patay, fera toute la campagne du sacre et sera encore avec Jeanne d’Arc à Compiègne, prenant part notamment à l’attaque de Pont l’Évêque, près de Noyon (Oise actuelle) le 15 Mai 1430.



En 1430 également, Charles de Bourbon Comte de Clermont donne à Jacques le château de La Palisse et sa seigneurie. Jacques de Chabannes, après Jeanne d’Arc, poursuivra une vie militaire aussi brillante que mouvementée et, en dehors de la guerre, recevra responsabilités et honneurs.



Avec André de Laval, maréchal de Lohéac, sur la Dordogne, il remportera la victoire de Castillon en 1453. Elle met fin à la guerre de Cent Ans.  Talbot, commandant des troupes anglaises y sera tué, comme son fils.



Les capitaines français, pour rendre hommage à cet adversaire éminent, érigeront sur les lieux de sa mort une chapelle : Notre Dame de Talbot.



Une sainte Epine, relique qu’il portait constamment, a été retrouvée sur lui. Elle est actuellement conservée dans la chapelle du château de Montréal (situé sauf erreur de ma part, à 25 km au Nord de Bergerac ou à 10 km au Sud-Ouest de Mussidan (Dordogne).



Jacques de Chabannes, atteint de la peste meurt la même année (1453). Il repose dans la chapelle du château de Lapalisse.



Son petit-fils, Jacques II de Chabannes, Seigneur de La Palice, maréchal de France, sera tué au désastre de Pavie (1525).  Il est maintenant tourné en dérision à la suite de la déformation du vers de la chanson célèbre.



A l’origine, les paroles en étaient : « Un quart d’heure avant sa mort, il faisait encore envie. », ce qui n’a rien d’une lapalissade.



Revenons à Antoine, quelques années après Verneuil. A dire vrai, sa réputation finale restera entachée, même aux yeux des représentants actuels de sa famille, par ses frasques et ses déviations ultérieures.



Il sera effectivement d’un certain nombre de mauvais coups, dont la création de la Compagnie des Ecorcheurs (1435) avec laquelle il va écumer diverses zones du Nord et de l’Est, jusqu’à la Franche Comté.



Il participe à la Praguerie en 1440, menée par le Dauphin contre le pouvoir royal de Charles VII, ce qui, à l’heure actuelle, s’appellerait une insurrection.



Mais ses qualités lui vaudront des retours en grâce et des charges de tout premier plan, jusqu’à son prochain exil.



Pour l’instant, dans l’éclat de sa jeunesse – vingt et un ans – il sert Jeanne d’Arc avec son courage habituel et en toute loyauté.



Selon les auteurs, il participe avec La Hire à la délivrance d’Orléans ou alors, en chemin il est fait prisonnier par les anglais. Enfermé à Dourdan, il s’évade et rejoint la ville après la levée du siège.



En tout cas, il est de la campagne de la Loire.



A Jargeau, il grimpait à l’échelle d’assaut, dès que la Pucelle lui eut cédé la première place pour s’être retrouvée à terre ayant reçu une pierre de faîte sur sa capeline.



Le 18 juin à Patay, il commande l’avant- garde avec La Hire et Xaintrailles.



Au cours de la bataille, il sera blessé à la poitrine et, après l’engagement, sera félicité par Jeanne pour sa belle conduite, à la demande de La Hire.



Il assiste au sacre du Dauphin le 17 Juillet. Il est donc probable qu’il aura accompagné la Pucelle pendant toute sa marche vers Reims et pendant la période ultérieure.



Au cours des déplacements parfois surprenants qui suivirent le couronnement de Charles VII, le samedi 13 Août 1429 l’armée royale était campée en pleins champs tout près de Dammartin. Jeanne d’Arc et Jacques de Chabannes s’emparent du Château, pris par Bedford en 1425.



L’armée anglaise étant à Mitry, le roi envoie La Hire en reconnaissance et toute la journée des escarmouches ont lieu entre Thieux et Compans sur la Biberonne.



La trahison mentionne le passage de Jeanne toute armée dans Thieux et près de la rivière.



« C’est du haut d’une des tours de guet du château, situé sur une éminence dominant la contrée, que Jeanne d’Arc a pu apercevoir Paris pour la première fois », nous dit le Colonel de Liocourt.

Il est plaisant d’imaginer Antoine de Chabannes partageant sur le même chemin de ronde le même émerveillement.

Il aura pu, en même temps constater l’état de délabrement du Château, sans imaginer que dix ans plus tard (20 septembre 1439) devenu comte de Dammartin par son mariage avec Marguerite de Nanteuil, Comtesse de Dammartin et Dame de Blanquefort, il prendrait à cœur de rendre à la forteresse toute sa puissance.

Aura-t-il été plus conscient, le surlendemain à Montepilloy, de ce qu’il foulait la terre d’un des fiefs à lui revenir plus tard ?



Ce domaine fut un de ceux qu’échangea Louis XI en 1466 pour rattacher à la couronne la forteresse de Blanquefort, devenue un atout militaire majeur en Aquitaine après restauration et aménagement par Antoine, son propriétaire.



Au début de septembre 1429, Charles VII affectera comme capitaine de Creil un Chabannes mais je n’ai pas pu définir lequel. Après l’épopée johannique, en 1432, c’est Antoine qui sera nommé capitaine du château et de la ville ce Creil.



Le 1er Novembre 1429, nous le retrouvons à Saint Pierre le Moutier. Après que la Pucelle a pris la ville, Antoine de Chabannes y est laissé comme capitaine avec une garnison.



En mai 1430, toujours aux côtés de Jeanne d’Arc, il se battra à Compiègne.

En bref, Antoine de Chabannes aura été un très vaillant combattant, un chef militaire de grande classe, un architecte militaire de qualité (Dammartin-Blanquefort-Saint-Fargeau) un administrateur très avisé de ses propriétés terriennes considérables (réparties du nord de l’Ile de France au sud du Rouergue), un novateur dans la restauration de l’agriculture, un acteur du renouveau spirituel (fondation des collégiales de Dammartin et de Saint- Fargeau) et, de temps à autre, un bandit.

Le temps lui a été donné de jouer tous ces rôles, puisqu’il est mort à quatre-vingts ans (25 Décembre 1488).



Sous un très beau gisant, ses restes sont dans la Collégiale Notre-Dame-de Dammartin-en-Goële et son cœur dans la Collégiale de Saint-Fargeau.



Il est à noter qu’en 1886, la municipalité de la ville de Thouars (Deux sèvres) donnait à une de ses rues aboutissant à l’une des anciennes portes le nom de « Rue de la Porte Chabannes ». 



Elle tenait à honorer cette famille dont une des représentantes, Avoye de Chabannes, petite-fille d’Antoine et déjà veuve à 18 ans, épousait le 3 septembre 1511 Jacques de La Tremoïlle, dont la dynastie a longtemps rayonné sur Thouars et sa vicomté.



Jacques de La Ville Baugé






(1) Deux siècles et demi auparavant, une des aïeules de Robert, Matebrune de Ventadour, Dame de Charlus le Pailloux, apportait dans la famille, par son mariage en 1170 avec Eschivat de Chabannes, la seigneurie et le château de Charlus, où naquirent Jacques et Antoine.





Sources :

-          Marius Sepet – Jeanne d’Arc – Editions Jean de Bonnot

-          Colonel de Liocourt – La Mission de Jeanne d’Arc – Tome 2 – Nouvelles Editions Latines

-          Jean-Claude Colrat – Les Compagnons d’Armes de Jehanne la Pucelle et du siège d’Orléans – Le Briquet – Amicale des Collectionneurs de Figurines Historiques du Centre Loire – 2,  cloître Saint Pierre le Puellier 45000 ORLEANS

http://perso.wanadoo.fr/jeanclaude.colrat/plus.htm

-          Les samedis de l’Histoire – 1999 – 2000 – Des siècles et des hommes – Publication du Conseil Général de Seine-et-Marne.

Article de Michel Golinelli, président de la société d’Histoire et d’Archéologie de la Goële.

-          Marie-Paule Renaud – Jeanne d’Arc à Melun et en Seine et Marne – Imprimé par La Main S.A.S. – Melun.

-          Bulletin de la Société d’Histoire et d’Archéologie du pays Thouarsais 1999-N°6 Article de D. Guillois, de la société d’Histoire de Thouars.