Association Universelle des Amis de Jeanne d'Arc



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Fondée en 1953.

Le général Weygand en assure dès le début, une présidence d'honneur active et efficace.

 

But de l'association

Présenter une image complète et exacte de Jeanne d'Arc dans un esprit strictement culturel

Son action Recherche, Diffusion Liaison avec les pays étrangers


Hugh Kennedy compagnon de Jeanne d'Arc
Jeudi, 05 Avril 2012 12:02

HUGH KENNEDY COMPAGNON DE JEANNE D'ARC




A l'occasion des récents et nombreux articles de presse publiés sur l'accident d'avion où John Kennedy junior, son épouse et sa belle-sœur trouvèrent la mort, tout semble avoir été dit, notamment sur la famille KENNEDY, son passé et ses origines.



Cependant, à ce "tout" il manque quelque chose d'important à nos yeux. D'important et même de capital. On a bien étudié les ramifications visibles de cette tige familiale, mais on n'a pas fouillé l'humus historique dans lequel ses racines en ont puisé la substance.



Dans ce domaine, la généalogie, avec son dogmatisme rigide n'explique pas tout. L'onomastique aussi a quelques ressources. Ainsi, sans rechercher dans le nom un lien formel de parenté successorale, peut-être faut-il songer à y trouver une ébauche d'appartenance familiale proche ou lointaine. C'est celle qui existe précisément dans la notion très écossaise et irlandaise  de "clan", où le nom est un indice de signification non négligeable au point d'y venir au premier plan.



Dans cet esprit, il paraît logique et opportun de rappeler, au moins à titre de tentation pour les chercheurs passionnés à qui l'on doit tant de progrès historiques, qu'au XVème siècle, dans des conditions qui nous sont parfaitement connues et en France précisément, vivait un guerrier écossais, Hugh KENNEDY, qu'en toute familiarité militaire ses camarades français avaient surnommé "Canède". Ce chevalier acquit chez nous, par le seul fait de ses vertus, un honneur insigne, en devenant dans les combats… l'un des compagnons favoris de Jeanne d'Arc.



La personnalité de ce chevalier est bien connue des historiens de la classe du Cardinal Touchet, de Lucien Fabre et de Régine Pernoud notamment. Le Grand Larrousse se fait un devoir de le mentionner. Mais dans ce simple rappel, nous ne pouvons qu'effleurer une histoire aussi riche. Un seul épisode suffira à en donner le ton.



Hugh KENNEDY combattait dans l'armée écossaise du Connétable Jean Stuart héroïquement tombé à Rouvray, dans la fameuse "Bataille des Harengs" que Jeanne d'Arc depuis Vaucouleurs décrivit à Baudricourt le samedi 12 Février 1429. Il fut aussi présent le vendredi 10 Juin au soir, quand Jeanne d'Arc entrant dans Orléans à la tête de deux cents lances, les cornemuses de la Garde Ecossaise firent éclater pour la recevoir, la "Marche de Bannock – Burn" qui devint depuis "La Marche de Jeanne d'Arc". Une œuvre d'une envolée superbe dans son style typique du XVème siècle. Mais limitons là l'enoncé de détails anecdotiques si riches soient-ils, pour nous en tenir à l'épisode le plus significatif.



Le jeudi 6 Avril 1430, Hugh KENNEDY chevauchant auprès de Jeanne d'Arc sur le champ de bataille de Lagny, participait à un événement historique de portée majeure en dépit des faibles effectifs engagés de part et d'autre. Ce combat allait faire basculer les conceptions militaires archaïques du Moyen Age devant l'inauguration par la Pucelle d'un Art militaire, nouveau depuis la fin de l'Antiquité. Cet épisode historique mérite d'être rappelé.



Placée à Lagny en attente d'interception de la nouvelle armée ennemie formée en Angleterre par Bedford pour suppléer à celles de Talbot et Fastolf que la Pucelle avait écrasées à Patay sous sa charge furieuse, Jeanne sur des renseignements incomplets du bailli de Senlis, partait avec seulement trois compagnies le long de la rive droite de la Marne pour capturer un chef militaire ennemi dévoyé, Franquet d'Arras qui ravageait la région.



Mais là ô surprise !… à trois kilomètres de Lagny les trois compagnies de Jeanne trouvent devant elle une petite armée prête à combattre selon le style classique de la guerre de Cent Ans, sur le modèle d'Azincourt. Aussitôt, Jeanne bloque l'ennemi figé sur son dispositif de défense statique. Elle envoie chercher à Lagny toute proche son artillerie et le reste de sa cavalerie.



D'un coup de pensée géniale… ou inspirée, Jeanne conçoit et applique d'emblée un mode opérationnel totalement inconnu au Moyen Age, en faisant intervenir pour la première fois en rase campagne (et non à Crécy comme on l'a cru), l'artillerie jusque là utilisée en position statique dans la guerre de siège.



Puis, elle lança sa cavalerie pour contourner l'aile gauche de Franquet (la droite étant appuyée à la Marne) retomber sur les arrières, encercler l'armée ennemie et l'écraser tout à loisir. C'est le modèle de bataille d'"encerclement-anéantissement" que l'Art militaire n'avait plus connu depuis les antiques triomphes immortels d'Epaminondas à Leuctres et Hannibal à Cannes.



Lorsqu'au soir de ce 6 avril 1430 on amène Franquet d'Arras prisonnier devant Jeanne d'Arc, au moment où elle lui arrache elle-même son épée du fourreau pour la garder au titre de prise de guerre, Hugh Kennedy dit "Canède" est auprès d'elle avec ses meilleurs compagnons Jean Foucault, Ambroise de Loré, Barthélémi Baretta et Geoffroy de Saint-Belin, eux aussi guerriers de grande classe et favoris de la sainte Pucelle.





René OLIVIER.