Association Universelle des Amis de Jeanne d'Arc



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Tél. : 06.80.72.72.77

Fondée en 1953.

Le général Weygand en assure dès le début, une présidence d'honneur active et efficace.

 

But de l'association

Présenter une image complète et exacte de Jeanne d'Arc dans un esprit strictement culturel

Son action Recherche, Diffusion Liaison avec les pays étrangers


Les dévotions de Jeanne

Jeannette de Domremy, qui était très pieuse presque trop au dire de ses compagnes d'enfance, suivait les coutumes religieuses de son pays. Elle aimait en particulier les pèlerinages, à l'exemple de sa mère, surnommée «la Romée». Sa dévotion singulière à la Vierge Marie la poussait à visiter chaque samedi, dont l'après-midi était chômé, l'ermitage de Bermont, dans le bois de Brixey, au-dessus de Greux. Là, elle offrait des cierges ou des bouquets de fleurs à l'antique Madone du XIVème siècle restée intacte jusqu'à nos jours.

Jeanne faisait aussi des guirlandes pour Notre-Dame de Domremy, qu'il s'agisse de son autel à l'église paroissiale ou d'une petite chapelle au Bois-Chenu, restaurée par Etienne Hordal. Durant son séjour à Vaucou­leurs, Jeanne se rendra chaque jour à la chapelle castrale pour y répandre ses prières et ses larmes devant Notre-Dame des Voûtes d’ailleurs vénérée encore aujourd'hui. Jeanne honorait particulièrement la Vierge dans le mystère de son Annonciation, dont la fête marquait en Lorraine le début de l'année. Quand elle sera chef d'armée, elle aura à côté de son cher étendard dédié au Christ-Roi, fanion représentant l'Annonciation, «qu'elle aimait quarante fois plus que son épée ». En cela, elle imitait sans doute à son insu le culte officiel du duché de Lorraine qui arborait comme drapeau national le grand étendard de Lorraine appelé «La Nunciade» parce qu'il reproduisait la scène de l'Annonciation sur la blanche étamine. On retrouvera la même dévotion chez sainte Jehanne de France, fille de Louis XI, épouse de Louis XII, fondatrice des Annonciades, qui auront de nombreux monastères en Lorraine, dont ceux de Ligny et de Vaucouleurs.

Avant même que saint Michel se manifeste à elle, la veille de l’Ascension, 13 mai 1424, Jeanne professe une grande dévotion au grand Archange, patron de la France et du pays Barrois. Elle connaît son pèlerinage à l'église de Moncel.

On dit que Jeanne, en quittant Vaucouleurs, pour aller voir le Dauphin à Chinon, s'arrêta à la petite église de Tourrailles, près de Gondrecourt, consacrée elle aussi à saint Michel. N'est-ce pas lui, saint Michel «qui faisait sa route» ? Quant à sainte Catherine et sainte Marguerite, qu'elle appelait ses «Voix », Jeanne les honorait comme patronnes, comme toutes les jeunes filles du pays. Selon la coutume, elle couronnait de fleurs la statue (XIVème siècle) de sainte Marguerite, toujours en place au pilier gauche vers l'ancien chœur (orienté donc à droite actuellement vers le maître autel). Jeanne se rendait à Maxey-sur-Meuse pour y vénérer sainte Catherine, toujours en honneur dans cette paroisse où reposent des neveux de la Pucelle.

Jeanne se devait d'honorer le patron de la paroisse, qui en avait reçu le nom : Domnus Remigius. «Monsieur Saint Rémy» l'apôtre de la nation française, laquelle, par le baptême de son chef Clovis, devint la «fille aînée de l'Eglise». Jeanne qui fut si pressée de mener le roi à Reims, connaissait la valeur du sacre royal, ce «huitième sacrement ». Plus tard, Jeanne, soldat de France, priera Saint Louis et saint Charlemagne, comme elle les verra prier pour le saint royaume. Elle ira prier saint Denys dans sa chapelle hors les murs, avant l'assaut de Paris (les 7 et 8 septembre 1429) et dans sa basilique royale, où elle déposera ses armes, parce que, dira-t-elle, saint Denys est le cri de France.

Jeanne honorait les premiers martyrs toulois qui avaient imbibé de leur sang son pays natal : saint Elophe, décapité à Brancourt, face au Bois-­Chenu, et sa sœur sainte Libaire, martyrisée à Grand, l'antique cité gallo-­romaine, dont leur frère saint Eucaire était évêque régionnaire, tous trois victimes de l'empereur Julien l'Apostat, qui campait face à Domremy, sur un plateau appelé le mont Julian, ou encore la côte de Julien, Jeanne hébergée par «l'oncle» Laxart retrouvera sainte Libaire dans sa petite église, commune à Burey-en-Vaux et à Maxey-sur-Vaise, Jeanne ne pouvait oublier dans ses dévotions le grand saint Nicolas, le patron populaire de tous les Lorrains, titulaire de la collégiale de Brixey, où elle reçut sans doute la confirmation. Lors de son «faux départ» de Vaucouleurs, elle devait s'arrêter net à la chapelle du prieuré de Saint-Nicolas de Sept-­Fonds pour confier au grand Saint son voyage et sa mission.

Lorsque Jeanne, à peine adolescente, fut appelée à paraître devant l'official de Toul, Frédéric Waldenaire, pour un procès en matière de prétendues fiançailles, elle ne put voir l'évêque Henri de Ville (Ville-sur-Illon en Vosges), confiné dans son château de Liverdun. Du moins elle s'empressa de visiter la cathédrale Saint-Etienne, portant la marque des siècles, depuis saint Gérard et saint Léon IX. Elle y vénéra Notre-Dame au Pied d'argent, protectrice de la Cité, les châsses et les tombeaux des évêques de Toul, dont plusieurs honorés comme saints, depuis saint Mansuy, l'apôtre du pays.

Peut-être eut-elle la faveur de vénérer la pointe du Saint Clou de Trêves accordée à saint Gérard et enchâssée dans un nouveau reliquaire très précieux par ledit Henri de Ville.

En parcourant les nefs, Jeanne ne se doutait pas que cette cathédrale serait la première en France, vers 1610, à élever sa statue, grâce au doyen du chapitre Etienne Hordal, son petit-neveu. Cette même cathédrale devait être aussi la première en France à ériger un autel au Sacré-Cœur, en 1765, sur les instances de la reine de France, Marie, et de son père le roi Stanislas, dernier duc de Bar et de Lorraine.

Le message divin transmis à la royauté française par Marguerite-Marie prolongeait le message doctrinal de Jeanne d'Arc, héraut du Christ-Roi. Ils se rejoignirent pour la première fois sous l'aspect de deux images dans un temple lorrain, la Cathédrale de Jeanne.

J.-F. HENRY.


Reconstitution de l’étendard